.


















EMPRESS

FONDATRICE
me contacter

ESFIR

ADMIN
me contacter

SHEILA

ADMIN
me contacter

EZECKIEL

ADMIN
me contacter

LUKAS

MODO
me contacter

WHO ?

WHAT ?
me contacter

WHO ?

WHAT ?
me contacter

WHO ?

WHAT ?
me contacter

Rise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in HellRise in Hell
Partagez | .

┼ this time is gone — S H E I L A

à venir
Harmonie

AZURIUM : A B S T R A K T A — « A vivre au milieu des fantômes, on devient fantôme soi-même et le monde des démons n’est plus celui des étrangers mais le nôtre, surgi non de la nuit mais de nos entrailles. » - Intangibilité

QUOTATION : Prophète de malheurs, jamais tu ne m'as annoncé ce que souhaitait mon cœur.

avatar

Sheila Di Alestra
Lun 28 Aoû - 18:13


  • nom & prénom(s) Sheila Di Alestra
  • âge & nom(s) groupe(s) 27 ans ; Aristocratie
  • gender & sexualité Female; Bisexuelle
  • cité & métier Cirna ; Patronne de la MdP

possédez-vous une pierre ?

Azurée. Irisée. Brillante. Attirante. Tant de termes, de façons de nommer et de qualifier une seule et unique chose. Bleutée, grisée. L’Azurium est un arc-en-ciel aux mille reflets. Cette pierre, ce caillou, ce minerai, cette magie venue d’ailleurs est le point névralgique de la cité : elle incarne le pouvoir dérisoire, l’anarchie même. Lisse et sans aspérités, ronde et symétrique, la pierre de Sheila est prisonnière de deux anneaux métalliques, accrochés eux-mêmes à une chaîne d’argent. Jamais autour de son cou, -sachant par expérience qu’un contact avec sa peau augmenterait les chances d’utilisations involontaires- mais plutôt dans une poche ou pendouillant à son poignet, la petite pierre sertie dans le métal argenté n’est guère plus grosse qu’une bille.

Objet hypnotisant ses rêves, Sheila voulait un pendule, ou quelque chose qui s’y apparentait. Ses doigts s’amusant à longueur de temps avec le collier, le simple mouvement de cet iris turquoise a le pouvoir de la calmer. Son obtention n’a rien d’extraordinaire et s’est joué à coups d’arguments et d’argent dans la boutique d’Azurium de Cirna, bien que ce fut une commande spéciale tant au niveau du polissage que du cerclage.

ABSTRAKTA – intangibilité

Un pouvoir qui ne possède qu’une seule et unique facette ; un seul et unique aspect. Sans matière, sans existence. Traverser, inexister. Etre un corps sans substance, sans étoffe. Etre un esprit, un fantôme. Tout cela qualifie ce pouvoir. Il lui permet d’effacer son état, sa réalité physique. Plus personne ne peut la toucher, ni les murs ni les chaises. Tout ce qui est solide et construit de matière brute ne peut que passer au travers.

« A vivre au milieu des fantômes, on devient fantôme soi-même et le monde des démons n’est plus celui des étrangers mais le nôtre, surgi non de la nuit mais de nos entrailles. »

Un pouvoir naissant probablement de son envie d’adaptation à ce monde qu’elle juge elle-même de « connards », sans pour autant vouloir y changer quelque chose. Elle est donc devenue quelqu’un qu’on ne pourrait pas blesser, s’est créée une armure impénétrable, alors qu’elle continue à s’enfoncer de plus en plus dans ce monde démoniaque.

les petits et gros malus

Le toucher. Un des cinq sens. Qu’est-ce que le toucher ? La sensation de sentir l’objet, le vent, une main. Cette connexion entre les capteurs sensoriels et le cerveau relève d’une complexité démesurée. Que serait le corps, que deviendrait l’esprit sans toutes ces liaisons qui font de l’être humain un être doué de cette qualité perceptive ? Ne plus sentir les frissons parcourant son corps, ne plus sentir les caresses, ne plus avoir froid, ne plus avoir chaud. Ne plus avoir la moindre excitation extérieure. Tout serait éteint. Que devient-on lorsque la douleur physique s’en va ? Une coupure, un bleu. Est-ce que tout cela disparait ? Ne plus avoir conscience du mal, ne plus avoir connaissance du bien. Toutes les choses du quotidien, toutes les jouissances et les désespérances de la vie s’envolent d’un seul coup. Ne plus pouvoir aimer un baiser.

Sheila commence à se rendre compte que la sensation au niveau de ses mains n’est plus la même qu’auparavant. Tout démarre par les mains. Pourtant elle ne redoute pas, ne s’inquiète pas, ne juge pas cela important pour s’en préoccuper. Lorsque les larmes qui couleront sur sa joue n’auront d’existence que pour ceux qui les regardent tomber, alors elle comprendra l’importance de sa perte.



la perception de votre personnage


Comment votre personnage perçoit-il l'Impératrice ?
Pouvoir. Puissance. Aura régalienne. Que dire de l’impératrice si ce n’est qu’un amas de terreur et de soumission ? Putsch, soulèvement, force, trône. Elle a tout, et offre à qui bon lui semble quelques miettes éparses. Certains vivent dans le luxe et le stupre, alors que d’autres traînent des pieds et rasent les murs. Sheila n’est pas du genre à porter un jugement hâtif, encore moins sur la puissance que régit le monde. En rien elle ne semble cautionner la politique instaurée ces dernières années, pourtant c’est bien quelque chose qui lui passe au-dessus de la tête. Peu intéressée par les concours de circonstances et les vagues de guérillas maintenant devenus le train-train quotidien, Sheila se pose là où elle a envie de se poser. Loin de chercher des noises, elle fait de son mieux pour éviter le regard fanatique d’Eudemia. Tant qu’elle n’est pas gênée dans ses petites affaires, son opinion reste fade et sans couleurs.    

Comment perçoit-il les autres groupes ?
Sheila a une affinité particulière avec les soldats de l’Umbra. Outre les rencontres inopinées avec ces derniers, elle entretien de très bonnes relations avec certains d’entre eux. Bien que le fond de ce corps armé recèle de nombreuses raclures, quelque uns arrivent à sortir du lot. Pour ce qui est du Culte… eh bien comment dire, elle ne s’y est jamais frottée. Disons qu’elle préfère éviter de rencontrer ce type d’illuminés qui semblent faire peur à beaucoup de gens et puis, pour son propre marché, ce ne serait pas le plus opportun. Cependant les Velaräs font de très bonnes connaissances, elle ne s’y trompe pas. Les citoyens d’Ars et de Lycosa n’écopent d’aucun bon ou mauvais jugement. Ne les côtoyant que très peu, elle ne s’en intéresse que très peu. Même si elle fait affaire avec quelques-uns dont elle ne citera pas le nom, elle ne se croit pas à même d’émettre une opinion sur le peuple qui subit les sévices d’un gouvernement corrompu.      

Comment perçoit-il les membres de son propre groupe ?
Ah les Aristocrates ! Quelle décadence, quel dégoût ! Non seulement elle se fond parfaitement dans la masse, mais elle fait excellement bien la conversation avec ses pairs. Ce n’est pas sans arrière-pensées bien évidemment, cependant qui serait assez fou pour le dire à haute voix ? Sheila n’est pas du genre à juger tout un groupe sur les agissements d’une seule personne, c’est pour cela qu’elle ne dira jamais qu’elle hait les petits bourges et chouchous de Cirna, seulement quelques-uns qu’elle exècre particulièrement. Plus prompte à détester les hommes, elle ne cache pas qu’elle ne cherche pas parfois un peu la bagarre. Mais comment pourrait-elle détester ce qu’elle est ? Elle nage comme un poisson dans l’eau dans ce système et dans cette richesse, et elle ne le nie pas.

Que pense t-il de l'Azurium ?
Dès la connaissance des réactions extraordinaires de l’Azurium, Sheila a tout fait pour l’introduire dans la vie quotidienne de la Maison des plaisirs. Moyen monétaire, méthode de persuasion, qu’importe ce que l’on en pense. L’intérêt tout particulier qu’elle porte à cette pierre n’a d’égal que sa naïveté quant à ses effets néfastes. Le plaisir du débutant face à l’allégresse du pouvoir n’est là que pour mieux dissimuler la dépendance qu’il entraîne. Cependant son avis reste partagé : face aux commérages des ruelles et des marchés, il semblerait que l’Azurium n’apporte que prospérité pour un temps. Bien qu’elle ne veuille pas s’en convaincre, c’est exactement ce qu’il est entrain de lui arriver. Le minerai bleuté n’est que le reflet des deux côtés d’une médaille. Comme si son utilisation relevait de la chance, ce qui est paradoxal quand on y pense : l’homme choisit le pouvoir en sachant pertinemment qu’il le conduira à sa propre perte. N’y a-t-il pas quelque chose d’illogique dans tout ça ?    

Que pense t-il de la ville d'Andaras ?
Ce n’est plus la ville que l’on connaissait hier, lorsqu’elle n’était qu’une, unifiée et d’une même couleur, seulement séparée par une frontière naturelle d’eau calme. Aujourd’hui ce n’est qu’un regroupement de bastions, ligués les uns contre les autres, près à n’importe quoi pour se faire la guerre et s’entretuer. Le peuple contre le pouvoir, les pauvres contre les riches, la violence contre l’abomination. La pureté de la ville a été tâchée de sang et ne ressemble plus qu’à un champ de bataille. Tout est permis pour gagner sa croûte et sa viande. Andaras n’avait rien de beau et tout à envier, mais elle n’a fait que s’enfoncer et se colorer de pourpre en embarquant avec elle la décadence humaine. Tout ne tenait qu’à un fil, il ne manquait plus qu’un petit coup pour que tout s’effondre… ou s’élève pour certains. Andaras est pourrie, est rongée, et Sheila vit avec.

les petites informations du joueur


PUF FREQUEMMENT UTILISE (pseudo copyright) : On m'appelle depuis des années Drizzle.
ET TON ÂGE, ALORS ? J'ai dix-neuf ans depuis le mois de juin.
COMMENT ES-TU ARRIVE.E SUR RISE IN HELL ?Je ne sais pas... je me suis perdue.
QUELLE EXPERIENCE RPGIQUE AS-TU ? Je crois que c'est entre six et sept ans, mais je ne saurais vous le dire avec précision.
PAS DE TELEPHONE A ANDARAS... PENSES-TU SURVIVRE ?Nooon, comment je fais pour écouter ma musique ? :c
ON A UN DISCORD, TU VIENS ?J'y suis déjà mes amis :3 @Drizzle
UN RANG EN TÊTE POUR TON PERSONNAGE ? En réflexion ~
ES-TU PLUTÔT CUIR OU MOUSTACHE ? CUIR.
QUELQUE CHOSE DE CONSTRUCTIF A AJOUTER ? Le guerrier dragon est un panda.
AVATAR : feat SCARLET Erza ● Fairy Tail

story


Le regard fixe sur une pendule. Tic, tac. Les yeux suivent inlassablement le va-et-vient de l’objet temporel. Tout ce qui est autour semble inexistant. Toc, toc. Quelqu’un frappe à la porte. Une tête passe par l’entrebâillement, inquiète et innocente. « Madame, il est l’heure maintenant. ». La voix chevrotante trahissait la peur de la jeune fille. N’obtenant aucune réaction, elle se permit d’insister : « Madame… il vous attend. ». Sans décrocher son regard de l’horloge, la femme aux longs cheveux rouges daigna esquisser un demi sourire à la jeune fille. «Dis-lui que j’arrive dans un instant. ». La gamine hocha vivement la tête, heureuse d’une réponse, peu satisfaisante pourtant. Elle referma timidement la porte alors qu’on entendait déjà son pas pressé dans le couloir. La femme ne quitta pas son divan, toujours fascinée par l’action de cet objet obsessionnel. Elle semblait perdue dans des pensées sombres d’un passé lointain. Soudain, la porte de la pièce s’ouvrit avec fracas. Un homme, grand, bien rond et un peu rougeau sur les bords, affichait une mine contrariée. De sa main droite il tenait la jeune fille par les cheveux. Une marque colorée sur sa joue gauche montrait qu’il l’avait frappée. « Qu’est-ce que ça signifie Sheila ? Ça fait plus de dix minutes que j’attends ! ». La jeune fille était terrifiée. Le visage embrunit de Sheila devint froideur et complexité. Quand son regard rencontra celui du rondouillard, ce dernier se mit instinctivement à trépigner de malaise et d’agacement. « Mon très cher M. Gra-ve-cci, lança-t-elle en articulant chaque syllabe de son nom, vous n’avez aucunement le droit de m’appeler par mon prénom. ». Le faciès du potelé se décomposa. « Excusez-moi Madame, mais vous savez que je suis pressé. ». Sheila se leva et passa son index en dessous du menton de Gravecci. « Est-ce là une raison pour s’impatienter ? Et qui plus est, de faire du mal à l’une de mes filles ? ». L’homme blêmit de plus belle.  « Non… » dit-il peu rassuré, en relâchant l’emprise qu’il avait toujours sur la jeune fille. « Voilà une sage décision mon ami. Maintenant il serait bon pour vous de partir, nous ne sommes jamais à l’abri d’un sursaut de colère. » dit-elle d’une voix mielleuse qu’elle voulait volontairement moqueuse. « Oui…hum, oui vous avez raison. Mais… il hésita un moment, et ce que vous m’aviez promis ? ». Sheila fit mine de réfléchir un instant. « Oh, c’est vrai, j’oubliais. Il sera prêt demain soir. ». L’homme s’enhardit et sourit à pleines dents. « Demain sera parfait… ». Elle l’ignora superbement et leva la main pour le stopper dans son élan. « Vous savez ce qu’il se passera s’il y a le moindre souci. Il n’y a pas que le prix qui sera onéreux. ». Elle laissa tomber sa main le long de son bras, telle une caresse, en guise d’avertissement. « J’ai fait une erreur ce soir, dit-il en s’empourprant, je m'en excuse. ». Elle le dévisagea sans une once d’émotion dans le regard. « C’est la dernière fois que j’accepte vos débordements, très cher (siffla-t-elle). Faites attention à vos arrières. On ne joue pas avec mes biens impunément. ». L’homme, qui ne sembla pourtant pas très vieux, prit soudainement dix ans de plus. « Tenez, prenez ceci en guise de dédommagement. C’est… c’est ce que je devais payer ce soir. ». Il lui tendit un petit éclat brillant comme la lune dans un ciel sans nuage. D’une faible révérence, il sorti de la pièce sans prendre le soin de refermer la porte. La jeune fille était toujours debout, prostrée et encore sous le choc de la violence qu’avait pu utiliser le client sur elle. Sheila lui caressa la joue et lui sourit : « Tu débutes ici, c’est normal d’avoir peur. Prends ceci. ». Elle lui tendit le morceau d’Azurium à la jeune fille, qui sembla d’un coup réveillée et éblouie par tant de beauté dans un si petit bout de minerai. Elle détala toute guillerette et la pièce -sans aucun doute le bureau de Sheila- retrouva son calme et son étrange atmosphère. D’une main légère, elle mit ses cheveux derrière son oreille droite et s’assoupit rapidement sur le divan, là où elle venait de se rassoir.  

« Mademoiselle la Baronne ! Mademoiselle ! Vous manquez encore à vos obligations ? ». La fillette regarda l’intendante l’air penaud, décontenancée. « Quelles obligations Charline ? N’ai-je donc pas répondu à toutes tes attentes ce matin ? ». Charline -plutôt bien arrangée pour une servante- croisa les bras de mécontentement. « Vous avez encore oublié ? Ce n’est pas possible ! Je vais me faire disputer par Monsieur votre Père. ». Hihihi, la fillette se mit à rire. « Papa n’est pas méchant Charline, tu le sais ! ». Charline bougonna dans sa barbe qu’elle n’avait pas et prit la petite par la main. « Vous savez que votre Père est soucieux de votre éducation. ». L’enfant essaya tant bien que mal de se défaire de l’emprise de sa tutrice, en vain. « Charliiiine, tu sais que je n’aime pas les leçons ! ». Charline ne la regarda pas et continua d’avancer dans le long corridor. « C’est important pour que vous repreniez l’affaire de votre Père, Sheila. ». La fillette s’écroula de tout son poids sur le sol, histoire de camper sur sa position. « Je ne veux pas reprendre les affaires de papa, c’est nul ! Il n’y a que des chiffres et de l’argent, c’est tout ce qui compte pour lui ! ». La tutrice, horrifiée que quelqu’un ait pu entendre de tels propos envers le patriarche du domaine, se mit à chuchoter instinctivement : « Sheila, surveillez votre langage ! Vous avez été mieux élevée que cela ! ». Sheila lui tira la langue. « M’en fiche je ne ferai plus les leçons d’éco…no…mie, un point c’est tout ! ». Charline souffla, désespérée. « Vous savez, par les temps qui courent, savoir vous débrouiller en affaires est peut-être une chose qui vous sauvera la vie. ».

Lecture de l’intitulé « La famille Di Alestra »
Avec une généalogie s’étendant sur plusieurs centaines d’années, les Di Alestra se sont installés à la capitale il y a de cela trois générations. A l’origine, ils étaient des marchands nomades, vagabondant à travers le monde en quête de trésors et de richesses. Ils ont trouvé par hasard une occasion de se faire une place à la capitale, qui à cette époque, recelait de nombreuses opportunités et peu de concurrents directs. Les Di Alestra étaient spécialisés dans la vente et revente d’apparats, tissus et habits d’époques. Ils étaient surtout dans la bonne manufacture textile. Sans rien d’extravagant mais avec une dextérité et une compréhension hors normes des affaires et de l’art de marchander, ils se sont fait un petit nom dans la société. Ce n’était plus les vulgaires marchands de passage, mais une réelle petite industrie qui se mit en place, leur valant un titre de Baron...


« Blablabla. Charline cela fait des années que vous me répétez la même chose. Je commence à connaître le parcours de mes ancêtres. ». Charline fit une moue désapprobatrice. « Votre Père tient à ce que je vous le répète régulièrement. ». Sheila leva les yeux au ciel. « Ce vieux est fou. ». Charline prononça un juron peu discret dont elle s’étonna elle-même. « Votre Père travaille sans cesse pour qui vous puissiez vivre correctement, ne soyez donc pas dédaigneuse à ce point bon sang ! ». La jeune femme aux cheveux de feu souffla d’exaspération. « … qui leur a valu un titre de Baron. Alors que la ville commençait à s’agrandir -au même titre que tous les enjeux impériaux qui se dessinaient dans l’ombre- les Di Alestra s’installèrent aux abords de la rivière, entre les actuels Cirna et Ars. Elle marqua une pause. Je connais la chanson, ça suffit. ». La tutrice s’installa sur une chaise face à la jeune demoiselle tout en la narguant du regard.  « Si vous connaissez si bien vos classes, vous serez à même de me réciter les trois enseignements des grands marchands, bien sûr. ». La jeune femme sourit en coin, la tête reposant au creux de sa main. « Tu trouves vraiment que cette famille est une grande famille marchande ? ». Charline lui tendit une petite pièce en bronze. « Je n’ai pas le droit de répondre à cette question. ». Sheila prit délicatement le présent que sa chère tutrice lui tendait et examina l’objet. C’était une vulgaire pièce de bronze, datant de temps anciens qu’elle ne connaîtrait jamais. « La première leçon est celle de la montagne. La pierre au sommet ne doit pas se croire plus importante que celles qui en forment le pied (elle marqua une pause et fit tourner la pièce entre ses doigts). La deuxième dit qu’il faut savoir regarder au-delà de son propre reflet, pour simplement éviter un coup de poignard dans le dos (elle s’arrêta un moment avant de reprendre). Le troisième… il me semble… argh, qu’est-ce que c’était déjà ? (Elle mit une main sur son front) La réflexion prime sur l’action, mais l’action prime sur l’abnégation ? L’important est de toujours avoir conscience de soi mais surtout de ses actes. Ainsi la surprise ne sera pas temporaire, elle sera inexistante. ». Charline applaudit. « Eh bien pour une fois que vous daigner réciter vos classes sans broncher Mademoiselle, je suis agréablement surprise. (Charline se leva et posa sa main sur l’épaule de la jeune femme) Cependant vous oubliez une chose. Ayez totalement confiance en vous, surtout en tant que femme, sinon vous finirez écrasée. ». Sheila lui prit la main et la remercia du regard. La tristesse trahissait les deux femmes. Toutes deux vivaient le supplice de la vie et le poids de la mort.

« Très bien, je comprends. Vous savez que j’ai juré sur mon honneur de prendre soin de votre héritage […] hum oui bien sûr, ce sera fait selon votre volonté.  […] Vous croyez ? Je ne voudrai pas abuser, c’est tout de même votre […]. Je serai digne de votre confiance Monsieur. ». Il lui serra la main. Remit en place le drap. La porte grinça et s’ouvrit lentement. Surpris, les yeux écarquillés, l’homme s’arrêta net devant Sheila. « Bonsoir Mademoiselle Sheila. Excusez mon étonnement, vous m’avez fait peur. ». Elle l’étudia de pied en cape. « La faute me revient, monsieur… ? ». L’homme s’inclina légèrement, la main droite sur l’abdomen. « Théodore Dicerio, pour vous servir. ». Elle lui fit signe d’avancer pour le raccompagner. « Puis-je savoir comment vous me connaissez ? ». Théodore s’excusa platement. « Votre père m’a beaucoup parlé de vous. J’avoue être désappointé qu’il ne vous ait jamais parlé de moi. Je suis un de ses fidèles collaborateurs. ». Elle tourna la tête vers l’homme, qui affichait un visage d’âge mûr. « Pardonnez mon ignorance, mais mon père parle peu de ses affaires privées. ». Théodore lui sourit amicalement. « Il le fait sans aucun doute pour vous protéger le plus possible. ». Sheila cligna des yeux. « Je me demande de quoi veut-il me protéger. ». Il posa une main sur son épaule. « Le danger se cache partout, l’instinct paternel réagit en conséquence. ». Elle fit une moue d’incompréhension. « A trop vouloir protéger on finit par étouffer les autres. ». Il hocha expressivement la tête. « Je vois une jeune femme qui rêve de liberté, n’est-il pas ? ». Elle fit non de la tête. « Calme, fragilité et docilité, n’est-ce pas ce que tout homme désir ? Et pourtant c’est tout ce que je ne suis pas. Mais je ne rêve pas de liberté. ». M. Dicerio sembla étonné. « Mais de quoi rêvez-vous donc, du haut de vos… dix-huit ans ? ». Elle fit un cercle avec ses mains. « De tout ce que les femmes ne sont pas. ». L’homme s’esclaffa. « C’est un peu osé comme idylle, ne trouvez-vous pas ? ». Sheila laissa retomber les bras le long de son corps. Encore un comme les autres. Comme tous les autres. « Comptez-vous m’en empêcher ? ». Théodore ria de plus belle. « Vous en empêcher ? Non. Vous échouerez par vous-même. ». Sheila éclaircit son visage qui s’était jusqu’alors rembrunit. « Je vous aime bien, Théodore Dicerio. ». L’homme leva un sourcil. « Voilà qui est étonnant. Puis-je savoir pourquoi ? ». Sheila croisa les bras et sourit. « Avez-vous déjà joué aux échecs M. Dicerio ? ». Il ne répondit pas tout de suite, perplexe. « Oui… mais je ne vois pas le rapport. ». En ouvrant la porte et en lui faisant signe de sortir, elle termina cette douce conversation. « Votre cécité prouve que j’ai déjà plusieurs coups d’avance sur vous. ». La porte claqua.

Une ombrelle. Noire. De la pluie. Noire. De la terre. Noire. En ce jour, alors que la bruine vient effleurer nos visages meurtris, nous mettons un point à une histoire. C’est un pétale qui se décroche d’une rose venant caresser doucement l’éternité. Comme l’eau coule et suit son lit, la vie s’écoule et s’enfuit. Il ne peut en être autrement. Ainsi, tel que nous le connaissions tous, Giorgio Di Alestra a laissé son empreinte sur cette terre qu’est la nôtre. C’était un homme bon, acharné de travail, jamais rassasié. Il a vaincu la vie comme peu d’hommes n’auraient pu le faire. Il était généreux, du fond de son cœur. Il tenait à partager cette générosité avec tout le monde autour de lui. C’était un homme bien qui voulait le bonheur de sa famille. C’est un homme que nous regretterons et qui restera à jamais dans nos cœurs. C’est un homme qui a pris soin de sa fille malgré ses absences. Cet homme est mon père et aujourd’hui il nous quitte et s’en va, probablement vers un monde meilleur.

Une fleur. Blanche. Epousant et contrastant magnifiquement avec l’ébène de la mort. Un homme serra dans ses bras un autre homme. Une femme prit la peine d’essuyer ses larmes. Les regards se croisèrent, compatissants et aimants. La cérémonie ne s’éternisa pas. Comment le pourrait-elle ? Trop de douleur, trop de tristesse et surtout : de la pluie. Sheila resta un moment seule, fixant le vide qui se trouvait devant elle. Le vide ou le cercueil, qui sait ce qu’elle regardait vraiment ? « Mademoiselle ? Mademoiselle Di Alestra ? Madame… Tout va bi… ». Elle n’arrivait pas à sortir de ses pensées. On lui tapota l’épaule. « Vous tenez le coup ? ». Sortant de sa torpeur, la jeune femme regarda l’intéressé. « Cela ne fait qu’un autre parent en moins. (Elle fronça les sourcils) Bien sûr que c’est difficile, qu’est-ce que vous croyez ? ». L’homme retira sa main vivement. « Excusez mon manque de délicatesse, je ne voulais pas vous offenser. ». Sheila ramena ses yeux sur le trou béant qui lui faisait face. « Je n’ai pas besoin de votre fausse compassion et de votre hypocrisie. ». A son tour l’homme jeta un coup d’œil au fossé. « Votre père m’a demandé de veiller sur vous. ». Elle souffla. « Mon père vous a mandaté de beaucoup de choses. ». Il regarda sa montre à gousset, glissée dans sa poche.  « Que voulez-vous dire ? ». Elle ne répondit pas tout de suite. « Je pense qu’il vous appréciait. ». L’homme afficha un demi sourire. « Nous nous entendions très bien, il est vrai. ». Sheila fit claquer sa langue.  « Il vous appréciait plus que vous ne l’appréciiez. ». Il baissa la tête. « Vous vous trompez. Il était comme un père pour moi. » Elle gloussa. « Vous êtes donc capable de me dire cela, ahah. Mais qu’a-t-il bien pu faire pour que vous le preniez pour votre paternel ? ». Relevant son faciès, l’homme se gratta la barbe. « Vous l’avez dit vous-même, son âme était généreuse et son cœur plein d’amour. ». Elle ria de plus belle. « Quel beau mensonge essayez-vous de me faire gober ? ». L’homme croisa les bras, désemparé. « Je ne vous suis pas. ». Elle hésita un moment. Serra les dents. Son visage se tordit de colère. « Vous me prenez vraiment tous pour de la sous-merde ! Quand comptiez-vous sortir le fameux contrat de votre veste ? Oh, user de la fragilité d’une jeune fille qui vient de perdre son père, quelle riche idée ! Un père gentil et aimant ? Excusez-moi, ai-je bien entendu ? … ». Sheila criait à plein poumon, cassant le silence de ce lieu mortuaire. « Attendez […] Calmez-vous bon sang ! ». Elle toucha de l’index le torse de l’homme. « Vous n’aurez ni mariage, ni signature. Vous n’aurez rien. ». Il sortit un bout de papier de sa veste. « Ceci n’est pas le contrat de mariage, très chère. Ceci est le testament de votre père. ». Le visage de Sheila trahit son étonnement. « Qu’est-ce que… pourquoi est-ce en votre possession ? ». L’homme se mit à marmonner, cherchant la ligne adéquate. « Ah nous y sommes. A Théodore Diciero, je lègue la moitié de mon entreprise jusqu’aux vingt ans de ma fille. A terme, un mariage semble indispensable pour que cette dernière prospère encore longtemps. Par soucis de longévité, si aucune union ne vient protéger mon héritage, ma fille sera déshonorée de son titre et de ses biens. […] Théodore sera donc le garant de cette emprise après ma mort. » L’homme replia la feuille. La mine de Sheila se rembrunit. « Par soucis de longévité… (elle esquissa un sourire et souffla) Vous voyez que c’était un connard de première qui n’avait absolument pas foi en sa propre fille. (Elle toucha son menton) Ah. Mais c’est peut-être ça le problème, je suis une femme. Les femmes servent-elles à quelque chose ? ». Il rangea le testament dans la poche intérieure de sa veste. « Il est dit de tout temps que la femme est l’image de l’homme. Une femme se fait entretenir, voilà tout. ». La pluie s’arrêta. « C’est vrai regardez-moi. J’ai essayé de vous devancer mais je n’ai pas votre talent pour tromper les gens. Je vous envie. (Elle marqua une pause) Puisque vous êtes le patron maintenant, il faut que je vous prévienne. Voyez-vous, ces derniers mois, je me suis occupée des affaires. J’ai comme qui dirait, malencontreusement, rompu tous les contrats avec nos fournisseurs qui me sont fidèles, c’est-à-dire le plus gros des contrats. C’est le point mort depuis quelques temps. Plus rien ne rentre, plus rien ne sort. (Elle prit les mains de Théodore). Si ça continu, nous serons en faillite, dit-elle à moitié implorante. Seul vous êtes capable de nous sortir de là ! Je suis si sotte. ». L’homme se débarrassa des mains de Sheila brusquement. « Que dites-vous ? ». Elle se mit à sa hauteur. « Sauf que vous ne pourrez rien faire sans moi. ». Théodore s’empourpra de colère. « Qu’est-ce que vous voulez à la fin ?! Vous vous rendez compte que nous pouvons perdre tout ce que votre père a construit ? ». Elle lui caressa la joue. « Mais voyons, mon père n’a rien construit, on lui a tout donné tel quel. Il essayait de nous faire croire qu’il était un acharné de travail mais vous savez mieux que quiconque ce qu’il faisait de ses journées. ». L’homme leva la main. « Vous êtes prête à tout perdre... pour quoi ? Pour une vengeance ? Une querelle ? Pour un caprice de petite fille ? ». La main tomba et claqua la joue de Sheila. Elle le dévisagea longuement, le regard emplit de fureur. « A quel moment ai-je dit que je voulais tout perdre ? ». Il la prit par les épaules violemment et la secoua. « Quoi ? ALORS QUOI ?! Qu’est-ce que vous recherchez en jouant avec des choses qui vous dépasse ? ». Elle se défit de son emprise. « Vous le savez déjà. Et j’aurais ce que je veux, parce que vous avez tout à perdre, moi non. ». L’homme leva les yeux au ciel. « Que faites-vous de l’entreprise familiale ? N’est-ce pas beaucoup à perdre ? ». Elle fit non du doigt. « Je n’ai que faire d’une entreprise sans valeur, dirigée par des hommes sans valeurs. ».  Il grimaça. « Je ne vous comprends pas, vous êtes juste folle. Je comprends pourquoi votre père… (il s’arrêta voyant Sheila approcher son visage). ». Elle lui souffla dans l’oreille : « Oui je suis folle. Mais ce sont les fous qui dominent le monde. ». Il se pencha également. « Les fous peut-être, les folles, on s’en débarrasse (il se délectât de son dernier mot). ».  Elle lui embrassa la joue. « Eh bien mon cher, nous verrons comment vous vous en sortez pendant deux ans, seul. ». Elle s’éloigna, ni triomphante ni perdante.

Extrait d’une vision de Charline Harfal.
La nuit était sombre. Seuls quelques rares lumières éclairaient le néant de l’obscurité. Même la lune semblait absente en cette soirée. Les rues quant à elles, étaient encore actives. C’était comme si la ville ne s’éteignait jamais. Une ombre se glissa discrètement à l’arrière d’une bâtisse. Une ombre fine et agile qui entra par une porte dissimulée. L’ombre écouta attentivement le moindre bruit. Mais c’était tellement bruyant qu’il n’y avait plus rien à entendre. Au fond d’un couloir, elle trouva une immense porte en chêne massif. C’est ce que cette ombre cherchait. Elle l’entrouvrit discrètement. « Déshabille-toi plus […] Non je ne veux pas, ma soirée est […] Dépêche-toi ! […] Arrêtez, s’il vous plait ! […] ». L’ombre écarquilla les yeux, elle n’en revenait pas. Le fumier à l’intérieur était en train d’arracher les vêtements de la jeune fille terrorisée. Très vite elle fut contrainte et tabassée. Oui, tout se passa très vite. Il commença les mouvements de va-et-vient et plaquant sa main sur la bouche de sa victime. Bien que l’ombre eût découvert ce qu’elle quêtait, elle n’en fut pas moins dégoutée, révoltée et choquée par ce qu’elle venait de voir.

[…]

« Ce n’est pas étonnant. C’est le genre d’homme incapable de contrôler ses pulsions de salopard. ». Sheila regarda Charline, encore toute déboussolée. « Mademoiselle, je ne veux plus jamais revoir une telle abomination. ».  Elle prit son ancienne tutrice dans les bras. « Ça n’arrivera plus, je te le garanti. ».

AN 0, 8 octobre – 20ième anniversaire de Sheila Di Alestra.
« Vous voilà enfin ! Je commençais presque à m’impatienter. ». Refermant doucement la porte, Sheila, d’une belle robe vêtue, vint s’assoir face à son interlocuteur. « Quel bon plaisir de vous revoir chez moi, Monsieur Dicerio. ». Théodore secoua la main. « Tout le plaisir est pour moi voyons ! Contempler une si jolie femme est un honneur. ». Elle porta une main à sa joue. « Vous allez me faire rougir. (Elle marqua une pause) Comment vont les affaires ? Je m’en suis totalement désintéressée ces derniers temps, je vous prie de m’excuser. ». Il croisa les jambes et s’adossa. « Je ne vais pas vous cacher qu’elles vont mal, puisqu’aucun des contrats rompus avec nos fournisseurs n’a pu être réhabilité. Même si d’autres accords ont été validés, le bilan n’est pas terrible. (Il s’arrêta quelques secondes) Je me demande toujours comment vous avez pu faire une telle chose. ». Sheila gloussa doucement. « Vous me sous-estimez toujours. Connaître les secrets de chacun est une obligation de nos jours. ». L’homme plongea son regard dans le sien. « Aujourd’hui vous devez signer. Vous avez perdu. Vous ne pouvez pas changer votre destin. Marions-nous. Offrez-moi l’entièreté de l’entreprise et gardez votre rang. ». Sheila croisa à son tour les jambes, dévoilant sa peau délicate. « Je rencontre un problème voyez-vous. Je n’ai absolument pas envie de vous épouser, mais je souhaite garder mon rang. N’auriez-vous pas une solution à me proposer ? ». Il fit mine de réfléchir un instant. « La solution pour vous est d’obéir en tant que femme. ». Sheila prit un air choqué. « Diriez-vous cela à l’impératrice ? ».  Il ne répondit pas. « Je vais vous proposer un marché honnête. (Il lui fit signe de continuer) Je vous offre la totalité de mon entreprise, y compris les fournisseurs. Je vous laisse ceci sans vous épouser. ». Théodore fronça les sourcils. « Comment comptez-vous vivre dans cette demeure sans revenus ? Et qui plus est garder votre rang ? ». Elle lui sourit. « Je compte sur votre entreprise. C’est un échange de bons procédés, non ? ». Il se leva brusquement. « Je n’ai pas d’autre entreprise ! ». Elle lui demanda de se rassoir. « Bien sûr que si. Et nous savons tous deux qu’elle vous rapporte moins que ce que peut vous rapporter le marché de ma famille. Cela étant, je comprends que cela fasse tâche d’être patron d’un tel endroit. Mais je le veux. ». Il émit un râle sourd. « Je ne sais pas comment vous avez découvert que j’étais le patron de la maison des plaisirs, mais je n’accepterai pas ce marché. ». Sheila se leva et vint s’assoir à côté de son invité. « Dois-je énumérer toutes les raisons qui vous forceraient à obtempérer ? ». Il mit la main sur sa cuisse. « Essayez donc pour voir. ». Elle posa sa main sur la sienne. « Si je me marie, vous n’aurez pas les fournisseurs. Vous serez donc moins riche avec moi en tant qu’épouse. (Elle lui sourit) En revanche, si vous me donnez votre entreprise (il sourit à cette évocation) je ne dirai à personne que vous en étiez le patron (son sourire commença à s’effacer). De plus je ne dirai pas que mon père était un de vos meilleurs clients, ce qui pourrait déshonorer entièrement l’industrie. (Il se rembrunit à cette évocation) Et enfin, pour vos faire abdiquer, je ne lancerai pas la rumeur comme quoi vous violez des jeunes filles à la volée, que vous êtes un pervers et un détraqué sexuel. Qu’en dites-vous ? ». Il la repoussa violemment et la plaqua contre le divan. « Pour qui me prends-tu sale traînée ?! ». Il sentit un bout dur contre son abdomen. « J’ai aussi ça comme argument, et il est chargé. ». Il se leva doucement et jura. « Je vous apporte un contrat demain. ». Il allait partir mais se retourna. « Pourquoi vouloir ce dépotoir ? ». Sheila se releva. « Pour en faire quelque chose d’extraordinaire, ce dont vous n’êtes pas capable. ». Il claqua la porte.

Pour être tout ce que les femmes ne sont pas. Même si cela sonne trop présomptueux pour moi.

« Mais c’est hor-ri-ble ! Ils n’ont jamais fait le ménage là-dedans ? » Sheila tressaillit. Elle passa le doigt sur un meuble plein de poussière. « Beurk. Il y a vraiment des gens qui travaillent ici ? On dirait que c’est abandonné depuis des années. ». Charline prit un vase dans ses mains. « La décoration laisse un peu à désirer. ». Sheila regarda autour d’elle. « Cet endroit ne protégeait que de la pluie… et encore. ». Charline reposa l’amphore. « Vous êtes sûre d’avoir fait le bon choix ? ». La jeune femme ouvrit un tiroir et en sortit une vieille lame émoussée. « Je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve, mais vu l’évolution de la ville ces derniers mois… je ne sais pas pourquoi, j’ai confiance. ».  Charline ramassa un bout de tissu déchiré sur le sol et tira une mine dégoûtée. « Vous parlez de cette pierre ? ». En inspectant la lame elle expira. « Il n’y a pas que ça. Je crois que tout va devenir démesuré. Le pouvoir, l’argent, le sexe. Nous ne sommes bons que pour abuser des gens et nous empiffrer avec excès. Les personnes comme nous n’échappent pas à cette règle. ». Charline balança le chiffon qu’elle avait ramassé dans le couloir. « Ne dites pas cela. Vous voulez changer les choses. ». Sheila secoua la tête. « Ce n’est pas parce que je veux améliorer certaines conditions que je ne vais pas me servir à volonté de cette décadence qui s’offre à moi. L’argent n’attire pas que les hommes. ». Charline lui frappa doucement l’arrière du crâne. « Vous parlez de vous comme d’une mauvaise personne ! ». Sheila lâcha le couteau, surprise. « Mais… elle se frotta la tête, je ne suis pas une enfant de cœur quand même ? ». Charline ria. « Ah ça, je ne vous le fais pas dire ! ». Sheila tira sur les joues de son amie. « Qu’est-ce que ça veut dire ? ». Charline marmonna un truc incompréhensible avant d’être libérée. « Vous êtes turbulente et parfois un peu pénible puisqu’on ne vous suit pas toujours. Mais… vous avez de la tendresse pour tout ce qui compte à vos yeux. ». Sheila croisa les bras. « Je me demande si je dois prendre ça comme un compliment. ». Charline gloussa de plus belle alors qu’une goutte d’eau vint s’écraser sur son front. « Mademoiselle… elle fixa le plafond, vous êtes sûre qu’on va gagner de l’argent avec ça ? ». La jeune femme regarda la solive à son tour. « Hum. J’ai fait appel à un ami architecte que j’estime beaucoup. Les travaux vont prendre un certain temps mais de ce qu’il m’a montré, ce sera magnifique. Ne t’inquiète pas. ». Charline baissa le regard. « Je ne m’inquiète pas vraiment pour votre réussite… mais… disons que je ne sais pas si je pourrai supporter… tout ça. ». Sheila l’enlaça tendrement. « Je ne t’en demande pas autant. Ça va être difficile pour moi aussi bien que cela… m’amuse un peu. Mais toi tu n’as pas l’obligation d’être ici. ». Quelqu’un entra dans la pièce. C’était un jeune garçon, habillé d’une vieille tunique sale surmontée d’une salopette à trous. « Excusez-moi… ». Charline sortit de derrière le bureau pour venir s’accroupir devant lui. « Qui es-tu ? ». Le petit homme la fuyait du regard. « Je… je suis… il releva la tête vers Charline, c’est vrai que vous êtes la nouvelle patronne ? ». Elle lui sourit et fin non de la tête. « Non, c’est la dame derrière moi. ». Le garçon se cacha un peu plus. Sheila lui fit signe de la main pour le rassurer. « Qu’est-ce qu’un petit bout d’homme comme toi fait ici ? ». Il agrippa la veste de Charline. « Je travaille ici Madame. ». Sheila s’étonna. « Pourquoi un si jeune enfant travaille ici ? ». Le petit rabaissa la tête. « C’est pour aider ma maman, on ne gagne pas beaucoup alors… je l’aide. ». Le visage de la jeune patronne se durcit. « Quelle est ta tâche ici mon petit ? ». Le gaillard montra le sceau qu’il cachait dans son dos. « Je nettoie les latrines Madame. ». Sheila souffla de soulagement, même si la situation l’inquiétait. « Tu sais, je trouve ça très courageux de vouloir aider ta maman, mais je ne vais pas employer d’enfants. Surtout pas ici. ». Les larmes montèrent aux yeux du petit. « Mais… il renifla et se frotta les yeux, je vais faire comment pour… vous dites ça à cause des gens qui font l’amour ? Mais… mais… snif, vous savez, c’est pas grave… je peux travailler quand même. ». Charline et Sheila se regardèrent, surprises. « Si tu tiens tant à gagner ton pain, je ne peux pas t’en priver. (Elle vint le tapoter la tête) Mais je déciderai quand, d’accord ? ». Il lui fit oui de la tête, content et rassuré. Charline lui caressa la joue. « Comment t’appelles-tu ? ». Il lui répondit par un grand sourire. « Danny ! (Il regarda Sheila) Madame, est-ce que Monsieur va revenir ? ». Elle lui fit non de la main. « Jamais, je l’ai expulsé. ». Danny sembla heureux. « Ouf ! Il n’était pas très gentil avec nous. Surtout ma copine Nina, elle ne l’aimait pas du tout. (Il regarda son sceau) Je vais continuer à nettoyer ! Aurevoir Madame ! ». Charline et Sheila n’eurent pas le temps de le retenir. Elles se regardèrent et rirent. « Qui va lui dire que tout va être détruit ? ». Sheila haussa les épaules. « Dans tous les cas, la situation est déjà pire que ce que je croyais. Lycosa est de plus en plus pauvre, même les enfants travaillent. Je me demande vers quoi nous nous dirigeons. ». Charline lui tapota le dos. « Seul le futur nous le dira. (Elle marque une pause) Dois-je vous appeler Madame maintenant ? dit-elle en s’esclaffant. ». Sheila leva les yeux au ciel. « Eh bien, pourquoi pas, ça me vieillira au moins. ». Elles sortirent de la pièce. « Pour vous rendre plus vieille rien ne vaut de belles tenues affriolantes. ». Sheila la dévisagea. « Je ne veux même pas savoir à quoi tu penses. ». Charline se moqua ouvertement d’elle. « Oh mais si ! De belles diaprures, de belles dentelures ! Cela vous sied si bien. Mettre en avant vos atouts serait de bonne grâce. ». Sheila bougonna. « Je ne suis pas là pour séduire les pervers narcissiques de la ville. ». Elles sortirent à la lumière du jour. « Je pense que ce sera un mal nécessaire (Charline la regarda du coin de l’œil), Madame. ». Sheila se retourna et regarda la vieille enseigne. Quelle importance.

« Alors c’est vous la nouvelle patronne ? ». Sheila était en train de se changer dans la pièce voisine. « Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? ». L’homme ria. « L’odeur très chère, l’odeur. (Il marqua une pause) On entend beaucoup parler de votre petite affaire ces derniers temps. ». Sheila sorti de la salle d’eau. « Parce que la Maison des plaisirs est un sujet courant par chez vous ? ». Il lui sourit. « Vous savez, mes oreilles traînent un peu partout. ». Elle vint s’assoir devant lui. « Que recherchez-vous exactement ? ». L’homme croisa les bras. « Je suis en quête perpétuelle d’informations, et il paraît que cet endroit est un nid à potins… pas que mondains. ». Sheila joua avec une de ses bagues. « C’est un moyen comme un autre de rémunération en effet. ». L’homme se gratta la tête. « Je vois que vous avez le sens des affaires. ». Sheila ria à son tour. « Certes, mais c’est surtout très jouissif de s’amuser avec les secrets des gens. ». Il fit une moue approbatrice. « Et puis ça ne doit pas être bien compliqué d’avoir des infos croustillantes ici… ». Elle claqua ses mains. « Si vous saviez ! Il y a même des choses que je ne voudrais pas savoir. L’avantage c’est que je n’ai pas besoin de payer pour avoir ces dites informations. Ni en liquide, ni en nature. ». L’homme se détendit. « Vous êtes donc du genre à donner de votre personne pour… obtenir ce que vous voulez. ». Sheila s’adossa sur sa chaise et lui sourit. « Oui et non. Disons qu’il faut savoir s’adapter à son environnement. (Elle s’arrêta un instant) Enfin, je fais surtout ce que je veux quand je le veux. C’est le plus important ne croyez-vous pas ? ». Il hocha la tête expressivement. « C’est assez hilarant de parler de liberté en ces jours sombres, mais d’un côté… je vous comprends. ». Sheila haussa les épaules. « Ne pas être libre de ses actions n’empêche pas d’être libre de penser. ». L’homme se rembrunit. « Si tout le monde pense et que personne n’agit, nous ne pourrons jamais faire changer les choses. ». La jeune femme ferma les yeux un instant. « Votre fardeau n’est pas le mien. Je me complais dans ma situation… mais cela vous le savez déjà : vous ne seriez pas ici sinon. Comment dois-je vous appeler ?  ». L’homme âgé d’une trentaine d’années lui tendit sa main. « Octave. Gentleman de ces nuits. ». Elle lui serra la main. « Très bien Octave. Quel genre d’informations voulez-vous ? Bien que j’aie ma petite idée… ». Octave mit une main dans son manteau et en sorti un bout de papier chiffonné. « Voici une liste. ». Sheila déplia la feuille. « Je reconnais quelques noms là-dessus. Pourquoi des soldats de l’Umbra vous intéressent-ils ? ». Il récupéra la liste et la brûla au feu d’une bougie posée à sa droite. « Ce sont eux qui cherchent le menu-fretin comme nous. Si vous entendiez, par pur hasard, quelques bribes de conversations nous concernant… ». Sheila entrelaça ses doigts. « Je vous le ferai savoir. Mais des informations aussi dangereuses et importantes ne seront pas gratuites. ». Octave lui sourit à pleines dents, laissant apparaître deux fossettes. « Je me doute bien. Votre prix sera le mien. ». La patronne se leva. « Nous verrons cela lorsque l’occasion se présentera. Florins ou éclats, peu importe. Je vous ferai savoir lorsque j’aurais quelque chose d’important à vous transmettre. ». Se levant à son tour, Octave fut raccompagné jusqu’à la sortie. « Ce fut un plaisir de faire affaire avec vous, Sheila. ». Tous deux se saluèrent. « Plaisir partagé cher Octave. Faites attention. ».

Quand on se bat seulement dans le but de servir ses propres intérêts et ses maigres ambitions, on finit par y perdre son compte et s’installer bien confortablement dans la béatitude de l’habitude. A quoi cela servirait de suer corps et âme dans un combat qui n’est pas le sien ? De s’engager dans une guerre peine perdue, soi-disant sainte, qui ne rassemble que deux fronts d’oppositions ? Je n’ai aucun idéal. Je ne crois pas en toutes ces conneries mielleuses que l’on peut raconter au coin d’un feu. Ni rêveuse, ni chevaleresque. Je n’ai rien d’une d’héroïne d’histoire pour enfants. J’ai juste appris auprès d’êtres abjectes qu’il fallait être… comme eux en fin de compte. Ce n’est pas glorieux, ça ne m’apporte aucun crédit. Obéir bêtement, non. J’ai assez donné pour ça…

« Madame, vous ne devriez pas vous assoupir comme ça… la porte ouverte. ». Sheila se réveilla avec un sursaut. La fille lui tendit son manteau. « La plupart des clients sont partis. ». Toutes deux sortirent du bureau, prenant soin de le fermer à clef. « Il n’y a pas eu de problème ? ». La jeune fille fit non de la tête. En arrivant près de l’accueil, Sheila sorti la clef de la caisse. Au vu du prix pour chaque client, il y avait de quoi payer plutôt grassement chaque employé. Sheila avait opté pour une paie quotidienne, afin de leur permettre de vivre au jour le jour.  C’était la fin d’une journée de travail, et le soleil commençait déjà à pointer le bout de son nez. Tout le monde était rentré, s’était enfuit de cet endroit de dépravation. Sheila fermait la devanture lorsqu’une main se plaqua brusquement sur sa bouche. Une voix rauque s’éleva derrière elle : « Il n’y a pas de petit extra pour moi ma m’zelle ? ». De son autre bras le bourrin lui étrangla le cou. Il faisait encore très sombre et la ville était toujours endormie : autrement dit, il n’y avait pas un chat, pas âme qui vive. Cette bête commença à déboutonner sa ceinture, si bien que le cliquetis de la boucle en métal résonnait dans le porche. « Tient toi tranquille veux-tu. Ce s’ra rapide. ». On pouvait entendre les halètements de l’homme, pressé de commencer ou bien d’en finir, on ne pourrait le dire. Du bout de ses doigts, elle toucha quelque chose de froid dans sa poche. L’homme voulut la plaquer contre la porte. Bam. D’une rare violence, il se prit la poignée en pleine figure. Le sang commença à couler à flots de son nez, dégoulinant sur sa bouche et dans son cou. Il se retourna, le visage empourpré de fureur. « Salope ! Qu’est-ce que tu m’as fait ?! ». Il essaya de l’attraper par les cheveux en vain. « Tu apprendras à te renseigner sur tes proies espèce de détraqué. Enfin, je ne suis pas sûre que tu auras le temps d’apprendre quoi que ce soit. ». Le fou s’énerva et s’agita dans le vent. La sueur se mêla au sang sur son visage arborant une expression dévastée. « Je vais te prendre, te retourner, réduire ta putain de fierté à néant petite pute ! Tu vas crever ! ».  Il suait comme un porc, alors qu’on pouvait voir la fureur laisser place à la terreur. « Eh bien… tu dois être vraiment diminué pour continuer à t’agiter de la sorte. ». Elle passa une main à l’intérieur de son manteau et pointa une arme devant les yeux de son agresseur. « Aahaha, tu te promènes avec des jouets sale chienne ?  Une garce comme toi ne sait pas comment utiliser ça ! ». Il avança. Croyant probablement traverser l’arme. Mais il se heurta au canon. On entendit le coup de feu retentir alors que le son résonnait déjà comme une vieille litanie. Le sang éclaboussa le visage de Sheila pendant qu’elle suivait la chute du corps à présent sans vie de l’homme. Il s’écrasa sur le sol dans un bruit sourd.  Sa cervelle explosée contre le mur peignait une fresque psychédélique. « Mais pourquoi ces enfoi… viennent-ils ici. ». Pour tirer un coup, il y a de quoi faire près de chez eux.


physique

Vous pouvez rédiger le physique comme bon vous semble.

mental

Vous pouvez rédiger le mental comme bon vous semble mais une certaine précision est demandée. 300 mots minimum

centres d'intérêt & inventaire

vous pouvez décrire ici le métier, les habitudes, les possessions de votre personnage comme vous le voulez.
©️linus pour Epicode



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://rise-in-hell.forumactif.org/

┼ this time is gone — S H E I L A

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Seize the Time!An essay by Cynthia McKinneySeptember 19, 2008
» Session time out...
» Damon Moon - "It's time to forget about the past"
» 08. Remember that time is money - Benjamin Franklin
» Choucroute time !